TAPAJ, un projet en trois phases

PHASE 1 :

La prise de contact

Inscription via les éducateurs de rue, le centre de soin, le téléphone, pour travailler dès le lendemain
Un chantier par semaine sur 4 h par groupe de 7 jeunes encadrés par un éducateur
Un salaire de 10 €/h versé à la fin de la journée sous forme de chèque emploi service échangeable immédiatement en liquide à La Poste
Une fiche de salaire établie en fin de mois

PHASE 2 :

La prise en charge

Proposition de contrat de travail plus long allant jusqu’à 3 jours avec rémunération en fin de contrat
Une mise à plat de la situation administrative, médicale et sociale
Une recherche d’hébergement

PHASE 3 :

L'accompagnement

Augmentation du volume horaire travaillé
Expérimentation de chantiers autonomes avec l’association intermédiaire partenaire ou intérim
Accompagnement des projets d’insertion professionnelle (formations qualifiantes, chantiers d’insertion, contrats de droit commun…)

TAPAJ, pour qui ?

Qui sont les jeunes en errance ?

Ils ont entre 18 et 25 ans et sont sans domicile fixe (squats, rue, hébergement précaire).

Il arrive aussi pour un grand nombre d’entre eux d’être :

  • en situation de rupture familiale, en situation de grande précarité et vivent notamment de la mendicité ;
  • rétifs au contact avec les institutions, polyconsommateurs de substance psychoactives, en grande souffrance psychique, victimes d’exclusion, la mendicité étant génératrice de nuisances urbaines, encore aggravées par la présence de chiens ;
  • de fait, on constate au quotidien la difficulté à initier avec eux une démarche d’insertion professionnelle. Outre la stigmatisation dont ils sont victimes, tout dans leurs trajectoires de vie les éloigne des dispositifs de droit commun.

Les freins à la réinsertion sociale des jeunes errants peuvent être multiples :

  • l’écart entre leur mode de vie et les exigences des dispositifs traditionnels de travail ou d’insertion est très important ;
  • lorsqu’ils sont engagés dans un parcours d’accompagnement ou de soin, la fréquence des rendez-vous de suivi, social ou médical, constitue une difficulté ;
  • lorsqu’ils manifestent la volonté et les capacités nécessaires à s’inscrire dans l’emploi, ce sont alors les modalités habituelles de rémunération différée, en fin de mission ou de mois, qui sont incompatibles avec la situation d’errance.
TAPAJ, pour quoi ?

TAPAJ, une porte d’entrée vers le soin : 

TAPAJ vise à favoriser l’accès au soin en s’appuyant sur les outils de l’insertion professionnelle. Ce dispositif de revalorisation par réponses graduelles, s’intègre dans la palette d’actions des CSAPA/CAARUD en termes de RDR médicale et de RDR sociale, véritable compétence spécifique aux professionnels du monde de l’addictologie.

TAPAJ est un marchepied entre les réponses d’assistance et les réponses d’insertion :

TAPAJ offre aux jeunes en errance une modalité d’activité lui permettant d’avoir au plus vite, avec le minimum de contrainte d’accès, une source de revenu légal, dans un cadre journalier, qui puisse se substituer ou venir en complément de la « manche ». Par ce biais, le jeune développe non seulement son estime de soi, mais également un savoir-faire et un savoir-être professionnels.

Pour les professionnels, TAPAJ constitue un nouvel outil pour aller à la rencontre de ce public souvent réfractaire à toute démarche auprès des institutions. TAPAJ peut permettre d’initier une démarche d’accompagnement visant, à terme, l’autonomie du jeune.

TAPAJ, comment ?

Le CSAPA/CAARUD en tant que porteur du dispositif :

  • démarche les partenaires (entreprises, collectivités…) susceptibles de proposer des missions compatibles avec les différentes phases du dispositif ;
  • identifie les jeunes susceptibles de remplir les missions proposées par les entreprises ;
  • suit les jeunes sur le lieu de travail, une présence sécurisante tant pour les jeunes que pour les entreprises, correspondant à la mission d’accompagnement du CSAPA/CAARUD.

Les partenaires « employeurs » :

  • sont publics ou privés, collectivités ou entreprises ;
  • proposent des missions programmées par session de 4 heures sur un mois, renouvelable ;
  • les partenaires seront vigilants à trouver des chantiers sans objectif de rendement sur la Phase 1.

Le jeune en errance :

  • peut s’inscrire jusqu’à la veille pour le lendemain pour une session de travail de 4h en Phase 1 ;
  • est rémunéré à la fin de la journée par chèque échangeable en espèces dans un bureau de Poste.

L’association intermédiaire :

  • est juridiquement l’employeur du jeune ;
  • assure la rémunération du jeune dans les conditions spécifiques à TAPAJ et édite un bulletin de salaire en fin de mois, reprenant le décompte des heures travaillées.

Quelques exemples de mission :

« Chantier désherbage » – Mairie
« Chantier réaménagement d’espaces verts » – SNCF
« Chantier manutention et logistique » – Auchan
« Point d’accueil et information public » – ERDF
« Création du site internet TAPAJ France en lien avec TAPAJ Montréal » – Orange